Date de mise à jour 02/09/2026

ISO 20400 : guide complet de la norme achats responsables
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Ce qu’il faut retenir

  •  L'ISO 20400 est un guide de lignes directrices (pas une norme de management) qui aide toute organisation à intégrer la RSE dans ses achats. 
  • Elle s'appuie explicitement sur l'ISO 26000 et en reprend les 7 questions centrales de la responsabilité sociétale. 
  • Elle s'applique à toute organisation, publique ou privée, quels que soient sa taille et son secteur et n'est ni obligatoire ni certifiable : aucun organisme ne délivre de « certification ISO 20400 ».

 Publiée en 2017, l'ISO 20400 est devenue la référence internationale pour toute organisation qui souhaite intégrer la responsabilité sociétale dans sa fonction achats.

 

Moins connue du grand public que l'ISO 26000 dont elle découle, elle est pourtant l'outil le plus concret dont dispose une Direction Achats pour transformer une intention RSE en pratiques mesurables : politique, cahiers des charges, sélection des fournisseurs, pilotage des contrats. Cet article en détaille le contenu, la structure et la mise en œuvre. Suivez le guide !

 

Qu'est-ce que la norme ISO 20400 ?  

L'ISO 20400 est un document de lignes directrices publié par l'Organisation internationale de normalisation, qui explique comment une organisation peut intégrer la responsabilité sociétale à sa politique et à ses pratiques d'achats. Si elle ne fixe pas d'exigences contraignantes, elle propose un cadre méthodologique, des principes et des outils, à adapter au contexte, à la taille et à la maturité de chaque structure.

 

Élaborée par le comité de projet ISO/PC 277 « Achats responsables », avec en France une commission de normalisation associant notamment le Médiateur des entreprises, l'OBSAR (Observatoire des achats responsables), EcoVadis et de grands groupes comme Total, Orange ou Michelin, elle a été homologuée en France sous la référence NF ISO 20400.

 

Carte d'identité de la norme

Élément

Détail

Nom complet

ISO 20400:2017 — Achats responsables, Lignes directrices

Référence française

NF ISO 20400 (indice de classement X 50-133)

Date de publication

Juin 2017

Élaborée par

Comité ISO/PC 277 « Achats responsables »

Norme de référence

S'appuie sur l'ISO 26000 (lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale)

Statut

Norme informative (lignes directrices), non certifiable

Champ d'application

Toute organisation, publique ou privée, quels que soient sa taille et son secteur

Rythme de révision

Tous les 5 ans — dernière édition toujours en vigueur en 2026

 

L'ISO 20400 n'est pas une norme de système de management comme l'ISO 9001 ou l'ISO 14001. On ne peut pas être « certifié ISO 20400 » : c'est un référentiel d'orientation, à utiliser comme grille de lecture et comme boîte à outils.

 

Pourquoi une norme dédiée aux achats responsables ?  

Pour beaucoup d'organisations, une part significative de l'empreinte environnementale et sociale se joue en dehors de leurs murs : chez les fournisseurs, les sous-traitants, et plus largement dans la chaîne d'approvisionnement. La fonction achats est donc un levier de transformation particulièrement puissant, capable d'influencer les pratiques bien au-delà du périmètre juridique de l'organisation elle-même.

 

La norme identifie plusieurs facteurs qui poussent les organisations à structurer une démarche d'achats responsables :

    • répondre aux attentes croissantes des clients et des consommateurs ;
    • se différencier et gagner un avantage concurrentiel ;
    • stimuler l'innovation dans la chaîne d'approvisionnement ;
    • répondre aux attentes des parties prenantes (salariés, investisseurs, ONG, territoires) ;
    • anticiper les évolutions réglementaires (devoir de vigilance, CSRD, législations sectorielles) ;
    • mieux gérer les risques : réputation, juridiques, financiers, de rupture d'approvisionnement ;
    • sécuriser durablement les chaînes d'approvisionnement ;
    • renforcer la confiance des investisseurs et améliorer les notations extra-financières ;
    • optimiser les coûts sur l'ensemble du cycle de vie plutôt que sur le seul prix d'achat.

Selon les baromètres sectoriels les plus récents, l'ISO 20400 reste, aux côtés du label RFAR (Relations Fournisseurs et Achats Responsables), l'un des référentiels les plus cités par les directions achats françaises pour structurer leur démarche RSE. Cela constitue un signal de sa pertinence toujours actuelle près de dix ans après sa publication.

 

La définition d'un achat responsable selon l'ISO 20400

Un achat responsable est un achat dont les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont aussi positifs que possible sur l'ensemble du cycle de vie du bien ou du service concerné, tout en cherchant à limiter au maximum les impacts négatifs, pour l'organisation comme pour la société.

Cette définition appelle trois précisions importantes :

  • elle raisonne sur l'intégralité du cycle de vie (extraction des matières premières, fabrication, transport, usage, fin de vie), pas seulement sur l'acte d'achat ;
  • elle englobe à la fois le bien ou le service acheté et les pratiques du fournisseur qui le produit ;
  • elle s'inscrit dans une logique de contribution aux objectifs de responsabilité sociétale de l'organisation, et non de conformité isolée.

Quelques définitions clés de la norme

Terme Définition simplifiée
Diligence raisonnable Démarche continue par laquelle l'organisation identifie, prévient, atténue et rend compte des impacts négatifs, réels ou potentiels, générés par elle-même et sa chaîne d'approvisionnement
Sphère d'influence L'étendue des relations (contractuelles, économiques, politiques…) à travers lesquelles une organisation peut peser sur les décisions d'un fournisseur ou d'un partenaire
Cycle de vie L'ensemble des étapes liées d'un produit ou service, de l'extraction des matières premières jusqu'à son élimination finale
Chaîne d'approvisionnement La séquence d'acteurs et d'activités qui fournissent un bien ou un service à l'organisation, au-delà du seul fournisseur de premier rang
Partie prenante Toute personne ou tout groupe ayant un intérêt dans les décisions ou activités d'achat de l'organisation
Fournisseur de rang 1 Le fournisseur qui approvisionne directement l'organisation acheteuse
Responsabilité sociétale La responsabilité d'une organisation vis-à-vis des impacts de ses décisions et activités sur la société et l'environnement

 

Les 12 principes des achats responsables

12 principes des Achats Responsables

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12 principes des Achats Responsables

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12 principes des Achats Responsables

La norme structure la démarche autour de douze principes, qui servent de boussole à toute politique d'achats responsables :

  1. Redevabilité : l'organisation répond de ses propres impacts, y compris ceux générés par sa chaîne d'approvisionnement.
  2. Transparence : les décisions et pratiques d'achat sont communiquées clairement aux parties prenantes.
  3. Comportement éthique : l'organisation agit, et incite ses fournisseurs à agir, avec intégrité.
  4. Égalité des chances : tous les fournisseurs, y compris les PME et les acteurs locaux, bénéficient d'une mise en concurrence équitable.
  5. Respect des intérêts des parties prenantes : les attentes des acteurs concernés par les décisions d'achat sont prises en compte.
  6. Respect de la légalité et des normes internationales : la conformité réglementaire est recherchée tout au long de la chaîne.
  7. Respect des droits humains : les droits fondamentaux reconnus à l'échelle internationale sont respectés.
  8. Recherche de solutions innovantes : l'achat responsable encourage l'innovation pour améliorer les résultats sociétaux.
  9. Focalisation sur les besoins réels : on n'achète que ce qui est nécessaire, en questionnant systématiquement la demande.
  10. Intégration : la RSE s'intègre aux processus achats existants plutôt que de créer une filière parallèle.
  11. Analyse de l'ensemble des coûts : les décisions tiennent compte du coût complet sur le cycle de vie, pas seulement du prix d'achat.
  12. Amélioration continue : les pratiques et les résultats sont revus et améliorés en permanence.

Les 7 questions centrales appliquées aux achats

L'ISO 20400 considère que la performance des achats ne se limite pas aux coûts, aux délais ou à la qualité. Les décisions d'achat influencent également les conditions de travail, l'environnement, l'éthique des affaires et le développement économique local. Pour intégrer ces enjeux dans les pratiques achats, la norme s'appuie sur les sept questions centrales de la responsabilité sociétale définies par l'ISO 26000.

 

Question centrale Application aux achats
Exemple concret
Gouvernance de l'organisation Structures et processus qui encadrent la prise de décision d'achat
Intégrer des critères RSE dans les procédures d'achat et exiger la validation des fournisseurs à risque par un comité dédié.
Droits de l'homme Diligence raisonnable, prévention de la complicité, non-discrimination dans la chaîne
Vérifier que les fournisseurs situés dans des pays à risque ont mis en place des mesures de lutte contre le travail forcé et le travail des enfants.
Relations et conditions de travail Emploi, santé-sécurité, dialogue social chez les fournisseurs et sous-traitants
Inclure des exigences relatives à la santé-sécurité au travail dans les contrats et réaliser des audits chez les prestataires les plus critiques.
Environnement Prévention de la pollution, usage responsable des ressources, climat, biodiversité
Privilégier un fournisseur utilisant des matières recyclées ou des emballages réutilisables afin de réduire l'empreinte environnementale des achats.
Loyauté des pratiques Lutte anti-corruption, concurrence loyale, respect de la propriété intellectuelle
Mettre en place une charte éthique fournisseurs interdisant toute pratique de corruption ou de cadeau excessif lors des appels d'offres.
Questions relatives aux consommateurs Information loyale, sécurité des produits, protection des données
Vérifier que les logiciels achetés respectent les exigences de cybersécurité et de protection des données personnelles.
Communautés et développement local Emploi local, développement des compétences, retombées économiques territoriales
Réserver une partie des marchés à des PME locales ou à des entreprises de l'économie sociale et solidaire.

 

Cette approche encourage les directions achats à devenir de véritables acteurs de la transformation durable. En tenant compte simultanément des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, elles contribuent à construire des chaînes d'approvisionnement plus résilientes, plus éthiques et davantage alignées avec les attentes des parties prenantes.

 

La structure de la norme en un coup d'œil 

La norme s'organise en sept articles, dont les trois premiers sont introductifs (domaine d'application, références, définitions). Le cœur du document se répartit ensuite sur trois niveaux d'action complémentaires :

 

Article Contenu Public visé
Articles 1 à 3 Domaine d'application, références normatives, termes et définitions Tous
Article 4 Fondamentaux : concept, principes, questions centrales, facteurs déterminants Tous
Article 5 Intégrer la RSE dans la politique et la stratégie achats Direction
Article 6 Structurer la fonction achats autour de la responsabilité sociétale Direction achats
Article 7 Intégrer la RSE dans le processus achats opérationnel Acheteurs, prescripteurs
Annexes A, B, C (informatives) Correspondances avec l'ISO 26000, exemples sectoriels (électronique, alimentaire) Tous

 

Cette architecture en trois niveaux (politique, organisation, processus) est la clé de lecture la plus utile pour piloter un déploiement progressif: 

 

Etape 1 : Intégrer la RSE dans la politique et la stratégie achats 

Le premier niveau concerne la Direction. Sans engagement formel au sommet, les achats responsables restent une initiative isolée, sans mandat ni ressources. La norme recommande cinq actions :

  • S'engager formellement : formaliser une politique (intentions, valeurs) et une stratégie achats (plan de mise en œuvre) intégrant la responsabilité sociétale, alignées sur la stratégie globale de l'organisation.
  • Clarifier la redevabilité : définir qui, de la direction générale à l'acheteur opérationnel, est responsable de quoi.
  • Aligner les achats sur les objectifs de l'organisation : traduire les buts et valeurs de l'entreprise en objectifs achats SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes, temporellement définis).
  • Comprendre l'existant : cartographier les pratiques d'achats actuelles et les chaînes d'approvisionnement avant de fixer des priorités.
  • Piloter le déploiement : communiquer, allouer des ressources, évaluer la mise en œuvre et en tirer des enseignements.

Etape 2 : structurer la fonction achats 

Le deuxième niveau porte sur l'organisation interne de la fonction achats elle-même :

  • Gouverner : intégrer la responsabilité sociétale dans les dispositifs de gouvernance existants, plutôt que créer une filière parallèle.
  • Accompagner les équipes : sensibiliser, former, et intégrer des objectifs RSE dans le management de la performance des acheteurs.
  • Identifier et mobiliser les parties prenantes : en interne (direction, prescripteurs, production) comme en externe (fournisseurs, sous-traitants, ONG, pouvoirs publics).
  • Prioriser les enjeux, selon trois approches complémentaires que l'organisation peut combiner :
    • une approche par catégorie d'achat (regrouper les familles de biens/services aux enjeux similaires) ;
    • une approche par fournisseur (cartographier les fournisseurs les plus critiques et l'influence réelle qu'on peut exercer sur eux) ;
    • une approche par enjeu (partir d'un sujet - climat, droits humains, emploi local - et l'analyser à travers toutes les catégories d'achat).
  • Mesurer et piloter la performance : mettre en place des indicateurs (de processus, de résultat, de rendement, d'impact) et un reporting adapté à chaque niveau, de la direction jusqu'au fournisseur.
  • Établir un mécanisme de recours : permettre aux parties prenantes, notamment les plus vulnérables, de signaler un problème et d'obtenir réparation.

Etape 3 : le processus achats responsables en 5 étapes 

Le troisième niveau, le plus opérationnel, décrit comment intégrer la responsabilité sociétale dans un processus achats classique, sans en créer un nouveau. La norme le représente comme un cycle continu en cinq étapes:

 

1. Planifier

Cette étape pose les bases de la stratégie de sourcing : évaluation des risques et opportunités de responsabilité sociétale, analyse des coûts sur l'ensemble du cycle de vie (au-delà du seul prix d'achat), analyse du besoin réel de l'organisation et analyse du marché fournisseur. Elle se conclut par une stratégie de sourcing qui fixe les priorités RSE de l'achat à venir.

 

2. Intégrer les spécifications de responsabilité sociétale dans les cahiers des charges

Les critères RSE sont traduits en spécifications concrètes (physiques, de performance ou fonctionnelles), qui peuvent être définies comme minimales (obligatoires) ou facultatives (valorisées dans l'évaluation). La norme insiste sur la nécessité de rendre ces critères objectifs, vérifiables et communiqués de façon transparente, pour ne pas exclure injustement des fournisseurs, notamment les PME.

 

3. Sélectionner les fournisseurs

La sélection se déroule généralement en deux temps : la pré-qualification, centrée sur la capacité globale du fournisseur en matière de responsabilité sociétale, puis l'appel d'offres, qui évalue sa capacité à répondre à des spécifications précises. L'attribution du contrat peut s'appuyer sur la mise en avant de standards supérieurs, le jugement qualitatif, l'évaluation de conformité d'usage ou des méthodes de calcul du coût complet.

 

4. Gérer le contrat

Une fois le contrat attribué, il s'agit de piloter la relation dans la durée : plan de gestion du contrat intégrant les objectifs RSE, suivi de la performance et des indicateurs, audits réguliers pour les contrats sensibles, initiatives conjointes avec les fournisseurs, gestion des situations de défaillance et anticipation de la fin de vie des biens (recyclage, réemploi, mise au rebut responsable).

 

5. Réaliser un retour d'expérience

En fin de contrat, l'organisation formalise les enseignements tirés — risques rencontrés, résultats obtenus, facteurs de réussite — pour alimenter la prochaine stratégie de sourcing. C'est cette boucle qui transforme les achats responsables en démarche d'amélioration continue plutôt qu'en exercice ponctuel.

 

💡 A retenir

Le processus décrit par l'ISO 20400 ne remplace pas le processus achats existant, il l'enrichit à chaque étape avec une grille de lecture RSE. C'est ce qui en fait un outil d'appropriation rapide pour des équipes achats déjà structurées.

ISO 20400 vs ISO 26000 : quelles différences ?

Les deux normes sont complémentaires mais répondent à des besoins différents :

 

Critère ISO 26000 ISO 20400
Publication 2010 2017
Portée L'ensemble des activités et décisions de l'organisation La fonction achats et la chaîne d'approvisionnement
Vocation Cadre général de la responsabilité sociétale Déclinaison opérationnelle appliquée aux achats
Public cible Direction générale, fonctions RSE Direction achats, acheteurs, prescripteurs
Lien entre les deux Norme de référence S'appuie explicitement sur l'ISO 26000 et en reprend les 7 questions centrales
Certifiable Non Non

 

En pratique, l'ISO 26000 répond à la question « qu'est-ce que la responsabilité sociétale et comment l'aborder globalement ? », tandis que l'ISO 20400 répond à « comment la traduire concrètement, achat par achat, fournisseur par fournisseur ? ».

 

ISO 20400 est-elle obligatoire ou certifiable ?

Non, sur les deux points. L'ISO 20400 est un document informatif, aucune loi n'impose son application et aucun organisme ne délivre de certification « ISO 20400 », contrairement à des normes de système de management comme l'ISO 9001 ou l'ISO 14001.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il n'existe aucun moyen de valoriser une démarche construite sur ses principes. Plusieurs dispositifs s'en inspirent ou y font explicitement référence :

  • le label RFAR (Relations Fournisseurs et Achats Responsables), délivré conjointement par le Médiateur des entreprises et le Conseil National des Achats, qui évalue les pratiques d'une organisation vis-à-vis de ses fournisseurs ;
  • des plateformes d'évaluation extra-financière comme EcoVadis, qui notent la maturité RSE des fournisseurs sur des critères largement compatibles avec les questions centrales de l'ISO 20400 ;
  • des audits ou évaluations internes, menés par l'organisation elle-même pour mesurer sa progression au regard des principes de la norme.

Comment démarrer une démarche achats responsables inspirée de l'ISO 20400 ? 

7 étapes clés d'une démarche Achats Responsables

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7 étapes clés d'une démarche Achats Responsables

Pour une direction achats ou une direction RSE qui découvre la norme, quelques étapes concrètes permettent d'amorcer une démarche réaliste plutôt que de vouloir tout transformer en même temps :

  • Faire un état des lieux de la politique achats actuelle et du niveau de maturité RSE de l'organisation.
  • Obtenir un engagement formalisé de la direction, même synthétique, plutôt que de porter la démarche seul.
  • Cartographier les risques par catégorie d'achat et par fournisseur, pour identifier où concentrer les efforts en priorité.
  • Choisir deux ou trois enjeux critiques plutôt que de traiter les sept questions centrales simultanément.
  • Intégrer des critères RSE dans les cahiers des charges et les grilles d'évaluation des appels d'offres, même minimaux dans un premier temps.
  • Mettre en place un suivi dans la durée : indicateurs, dialogue régulier avec les fournisseurs stratégiques, revues de contrat.
  • Digitaliser le pilotage (questionnaires fournisseurs, plans d'action, tableaux de bord) dès que le volume de fournisseurs et de critères rend le suivi manuel difficile à tenir dans la durée.

 De la norme à l’action 

L'ISO 20400 ne prescrit pas de solution unique : elle offre un langage commun et une méthode pour transformer une intention RSE en décisions d'achat concrètes, à condition d'avancer progressivement : politique, organisation, puis processus. Sa force tient à cette articulation avec l'existant : elle vient enrichir les pratiques achats en place plutôt que d'imposer une filière parallèle, et se combine naturellement avec les autres référentiels de la responsabilité sociétale (ISO 26000, devoir de vigilance, CSDDD, CSRD) plutôt que de s'y substituer.

 

Pour une direction achats ou une direction RSE, l'enjeu n'est donc pas de couvrir en une fois les douze principes ou les sept questions centrales, mais de choisir un point d'entrée réaliste (une catégorie d'achat à risque, quelques fournisseurs stratégiques) et d'en tirer des enseignements avant d'élargir la démarche. C'est cette logique d'amélioration continue, plus que la conformité à un texte, qui constitue la véritable valeur de la norme.

. . .

FAQ

  • Qu'est-ce que la norme ISO 20400 ?

     C'est un guide international de lignes directrices qui aide les organisations à intégrer la responsabilité sociétale dans leur politique et leurs pratiques d'achats. 

  • Quand la norme ISO 20400 a-t-elle été publiée ?

     En juin 2017. Elle est révisée tous les cinq ans ; l'édition de 2017 reste la version en vigueur en 2026. 
  • La norme ISO 20400 est-elle obligatoire ?

     Non. C'est une démarche volontaire, sans caractère réglementaire. 
  • Peut-on être certifié ISO 20400 ?

    Non, il n'existe pas de certification ISO 20400. Des labels comme le RFAR ou des évaluations extra-financières (EcoVadis) peuvent en revanche valoriser une démarche construite sur ses principes.
  • Quelle est la différence entre ISO 20400 et ISO 26000 ?

     L'ISO 26000 pose le cadre général de la responsabilité sociétale pour l'ensemble de l'organisation ; l'ISO 20400 en décline l'application concrète à la fonction achats. 
  • Quelles organisations sont concernées par l'ISO 20400 ?

    Toutes : entreprises privées, organismes publics, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. 
  • Combien de principes structurent l'ISO 20400 ?

    Douze, allant de la redevabilité à l'amélioration continue. 
  • Comment mettre en œuvre l'ISO 20400 dans son organisation ?

    En travaillant à trois niveaux complémentaires : la politique et la stratégie (direction), l'organisation de la fonction achats, puis le processus achats opérationnel. 
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