Engager ses collaborateurs dans la démarche QHSE est aujourd’hui un enjeu stratégique et humain. Sans l’adhésion du terrain, du management intermédiaire et de la direction, un système QHSE reste théorique et perd son efficacité.

Dans cet article, je vous propose des leviers concrets pour aider les responsables QHSE à convaincre, mobiliser et fidéliser leurs collaborateurs autour d’une culture Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement durable.  

 

Dans quel contexte le responsable QHSE intervient il ? 

Les missions QHSE sont au croisement de nombreux enjeux : réglementaires, économiques, humains et organisationnels. Le responsable QHSE doit composer avec des obligations parfois contradictoires, des moyens limités et des sensibilités très différentes d’un service à l’autre.  

 

Parmi les contraintes majeures avec lesquels le QHSE doit conjuguer, on retrouve : 

 

  • Les exigences internes fixées par la direction (politique, objectifs, indicateurs). 
  • Les obligations réglementaires et la responsabilité juridique qui pèsent sur l’entreprise.
  • L’historique d’accidents, de non-conformités et de plans d’actions déjà menés. 

À cela s’ajoute une réalité souvent sous-estimée : l’image du QHSE comme « gendarme » de l’entreprise, héritée d’une approche plus répressive que préventive. Cette perception freine la confiance et peut bloquer la remontée d’informations, pourtant indispensable à une démarche d’amélioration continue 

 

Enfin, les missions QHSE sont directement conditionnées par : 

 

  • Les moyens humains et financiers engagés. 
  • Le temps disponible pour le terrain, les audits, la formation et le suivi. 
  • Le niveau de maturité QHSE de l’organisation (culture sécurité, qualité, environnement). 

Dans ce contexte, le responsable QHSE ne peut pas « réussir seul » : son rôle est de fédérer et de créer les conditions d’un engagement collectif réel.  

 

Engager les opérationnels : restaurer la confiance 

Pourquoi les équipes terrain sont-elles clés ? 

Les opérateurs sont ceux qui connaissent le mieux les réalités du terrain, les contraintes opérationnelles et les risques concrets liés à leur activité. Leur implication est donc déterminante pour :  

 

  • Identifier les situations dangereuses ou non conformes. 
  • Tester l’applicabilité réelle des mesures QHSE. 
  • Faire vivre les procédures au quotidien. 

Pourtant, les responsables QHSE se heurtent souvent à une méfiance, liée à une image historiquement répressive de la fonction, ainsi que des frustrations, voire une réticence collective dues à de trop nombreuses remontées d’information ou demandes laissées sans suite, l’absence de retour ou une absence de budget dédié aux actions QHSE... Résultat on se retrouve avec une remontée tardive, voire inexistante d’information. 

 

On constate ici que les principales difficultés rencontrées sur le terrain sont essentiellement liées à un manque de communication. L’enjeu est alors de passer de la contrainte à la confiance. 

 

Les leviers pour engager les opérationnels 

  1. Mettre en avant le relationnel plus que la mission

La présence régulière sur le terrain est un levier puissant pour briser la distance entre QHSE et opérateurs. Faire le tour des équipes pour dire bonjour, prendre un café avec elles, demander le bilan de la nuit ou du week-end sans forcément insister sur les détails techniques qui vous intéressent, s’intéresser aux difficultés rencontrées... Créer un lien humain qui facilite ensuite les échanges plus techniques le moment venu. 

 

Faites preuve de tact et d’empathie, les équipes peuvent avoir des profils avec des contrats précaires, des horaires décalés... la fatigue, la lassitude, la méfiance de la hiérarchie... autant d’éléments qui nous conseillent une approche en douceur. Non, je n’attaque pas ma semaine le lundi matin en demandant un rapport détaillé des non-conformités qui ont eu lieu le weekend. Chaque chose en son temps. 

 

  1. Comprendre la réalité du terrain

Un responsable QHSE ne peut pas prétendre connaître toutes les subtilités métier. 

 

Demander aux équipes de présenter leur activité permet : 

 

  • De valoriser leur expertise. 
  • D’identifier des risques et contraintes invisibles « depuis le bureau ». 
  • D’ouvrir le dialogue sur des questions d’organisation et de sécurité. 

“Lors de mes missions d'audit sur le terrain, afin d'engager la discussion sereinement, mes premières questions n'étaient pas liées aux questions QHSE, mais à la découverte de leur environnement de travail et de leur activité. Au quotidien, personne ne s'intéresse réellement à leur activité. C'est pourquoi les opérateurs, généralement, prenaient plaisir à m'expliquer leurs missions et ressentaient une certaine reconnaissance de leur expertise dans leur métier. Pour moi en tant que responsable QHSE, cette première étape me permettait de comprendre techniquement les enjeux de l'activité et petit à petit, les difficultés et les risques auxquels ils étaient confrontés.” 

 

  1. Communiquer simplement et régulièrement

Les quarts d’heure sécurité, les briefings d’équipe et les échanges informels sont autant d’occasions de : 

 

  • Présenter la démarche QHSE. 
  • Expliquer les enjeux (santé, sécurité, qualité, emploi). 
  • Rassurer sur le rôle du QHSE : accompagner, conseiller, soutenir, plus que sanctionner.  

 Tous les échanges métiers sont consolidés par un solide relationnel. 

 

  1. Devenir une figure de confiance

 La confiance repose sur un triptyque simple : 

 

  • « Je remonte une info. » 
  • « Elle est traitée ou planifiée. » 
  • « Je suis informé de l’avancée. »  

Rien n’est plus démotivant que des demandes perdues, jamais traitées, sans aucun retour. À l’inverse, un suivi rigoureux, même pour expliquer un arbitrage défavorable, entretient la crédibilité de la démarche. 

 

La confiance se construit également par votre posture. Pas besoin de répression pour être écouté et respecté. Faites preuve d'écoute et d’empathie. Non, il n’y a pas qu’une seule solution possible, et c’est à vous de faire preuve de flexibilité lorsque c’est possible et nécessaire. 

 

Lors d'un audit, dans des installations en sous-terrain, le port du casque était obligatoire. En chemin je croise des électriciens sans casque. Deux possibilités : je leur demande de mettre leur casque sinon j’en informe leur hiérarchie, soit j’essaie de comprendre pourquoi ils ne le mettent pas. Le technicien n’explique que se faufilé sous les installations avec un casque est très difficile et pourrait endommager la machine en cas de heurt. Explication totalement cohérente ! Et ça tombe bien, il s’avère qu’au magasin, des casquettes de sécurité sont disponibles depuis peu, bien moins lourdes et encombrantes que des casques de chantier. Sans cette discussion et cette flexibilité, jamais je n’aurais pensé à ce cas de figure et les opérateurs n’auraient jamais su que du matériel plus adapté était disponible. 

 

  1. Reconnaître l’engagement QHSE

 La reconnaissance est un levier puissant d’engagement : 

 

  • Mettre en avant une bonne pratique sécurité lors d’une réunion. 
  • Remercier une équipe pour une remontée de non-conformité qui a permis d’éviter un incident. 
  • Associer les opérationnels à la co-construction de solutions. 
  • Inciter les responsables d'activité à prendre en considération l'engagement des équipes QHSE dans les entretiens individuels annuel et offrir des primes d'engagement. 

En résumé, engager les opérationnels, c’est accepter de partager le pouvoir d’analyse et de décision, et reconnaître que la connaissance du terrain se trouve d’abord… sur le terrain. 

 

Avis des experts

PDF

Checklists HSE

Télécharger gratuitement notre recueil de checklists.

Vous confirmez accepter le traitement de vos données personnelles par BlueKanGo, conformément à la Politique de Confidentialité (RGPD) et à recevoir nos communications. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Checklists de contrôle - Audit (Bannières rétractables) (1)

Engager la direction : parler coûts, risques juridiques et image de marque 

Pourquoi la direction est parfois difficile à mobiliser ? 

Le QHSE est souvent perçu comme une activité support qui « coûte », sans bénéfice visible à court terme. Certains dirigeants ont tendance à se reposer sur le responsable QHSE sans réellement prendre la mesure de leurs responsabilités juridiques et de leurs enjeux d’image. Pourtant, sans un engagement explicite de la direction (leadership, moyens, arbitrages), la démarche QHSE ne peut ni être crédible, ni durable.  

 

Quels leviers d’action pour engager sa direction ? 

 Levier 1 : parler coûts 

 Le langage économique est souvent le plus audible au niveau de la direction. 

 

L’objectif est de faire ressortir les aspects financiers sur lesquels une culture QHSE a un réel impact. Vous pouvez alors travailler sur deux sujets incontournables : 

 

1. Les coûts liés aux accidents du travail


Lorsqu'un accident du travail se produit, on distingue les coûts directs, à savoir les taux de cotisation annuel, l'indemnisation des victimes, d'éventuelles réparations de matériel ou d'infrastructures... On parle également de coûts indirects, qui peuvent être 5 fois supérieurs aux coûts directs, si on prend en considération la perte de productivité, la désorganisation, le temps administratif consacré à la déclaration d'accident du travail et au suivi, l’embauche temporaire de nouveaux opérateurs, leur formation... On peut également citer l'impact moral des équipes et également l'image de marque de l'entreprise qui peut être affectée. 

 

2. Les coûts de non-qualité
 

Selon l’étude de l’AFNOR “Les coûts de non‑qualité dans l’industrie”, datant de 2017, il s’avère que 20% des entreprises avouaient ne pas être capables de mesurer le coût de la non-qualité. Et parmi celles qui le mesurent, 15% estiment que ce coût dépasse 10% de leur chiffre d’affaires. Autrement dit, la non-qualité représente grandes marges de manœuvre financières pour l’entreprise.  

 

Ces coûts de non-qualité peuvent-être interne (non-respects des procédures, erreur humaine, défaillance machine...) ou externe (qualité de matière première, qualité de service d’un prestataire, retards de livraison...). 

 

On peut illustrer ces propos avec les 2 exemples suivants : 

 

  • En 2023-2024, la Monnaie de Paris a été contrainte de refrapper des millions de pièces car le design n'avait pas été validé par la Commission européenne lors de la mise en production. Une erreur dont le coût était estimée entre 700000 et 1,2 Millions d'euros. 
  • Le constructeur japonais Takata a été au cœur d’un des plus grands rappels automobiles de l’histoire. Ses airbags défectueux, ont conduit les constructeurs du monde entier à remplacer, encore aujourd’hui plus de 100 millions d’unités. Une erreur industrielle majeure, dont le coût global est estimé à plus de 20 milliards de dollars, a finalement entraîné la faillite du groupe en 2017. 

 

Levier 2 : Parler d'image de marque et de réputation 

Les directions sont particulièrement sensibles à leur image. Alors quoi de mieux que de leur présenter des cas concrets d’entreprises concurrentes en difficultés, qui ont fait la une de l’actualité ? Les réseaux regorgent d’affaires plus ou moins embarrassantes, voire dramatiques. On peut citer par exemple : 

 

  • Des crises sanitaires (contaminations alimentaires, rappels de produits) comme Kinder en 2021 avec 42 intoxications aux salmonelles,  
  • Des accidents industriels tels que Lubrisol en 2019, 
  • De scandales RSE ou éthiques, avec forte médiatisation comme le scandale Orpéa dénoncé en 2022. 

Citer des exemples concrets dans le même secteur permet à la direction de se projeter et de prendre conscience que « cela pourrait nous arriver ». 

 

Levier 3 : parler responsabilité juridique 

 Parler de responsabilité juridique de l’employeur ne laissera pas votre direction indifférente. De nombreux cas de jurisprudences sont disponibles sur internet, illustrant les décisions de justices qui ont été prise à la suite de manquement à la réglementation ou à la suite de négligences organisationnelles et techniques. 

Présenter des cas concrets, dans un secteur proche, permet de transformer un argument théorique en enjeu personnel et stratégique pour la direction. 

 

Avis des experts

PDF

Checklists HSE

Télécharger gratuitement notre recueil de checklists.

Vous confirmez accepter le traitement de vos données personnelles par BlueKanGo, conformément à la Politique de Confidentialité (RGPD) et à recevoir nos communications. Vous pouvez vous désinscrire à tout moment.

Checklists de contrôle - Audit (Bannières rétractables) (1)

Engager le management intermédiaire : outils et méthodes 

Le rôle clé des responsables de service 

Les managers intermédiaires sont les relais essentiels entre la stratégie QHSE, les équipes et la direction. Ils doivent :  

 

  • Collecter et remonter des informations fiables. 
  • Piloter des plans d’actions. 
  • Répondre aux demandes de chiffres et d’indicateurs. 

Le problème : ils jonglent déjà avec de nombreuses priorités, et se retrouvent vite noyés dans les fichiers Excel, les e-mails et les relances. 

 

Les leviers QHSE pour les soutenir 

  1. Apporter des outils de gestion simples et intégrés

 
Un outil QHSE dédié (comme la plateforme collaborative BlueKanGo) permet de : 

 

  • Centraliser les données (non-conformités, incidents, audits, actions, équipements). 
  • Accéder rapidement à toutes les informations liées à un local, un équipement ou une activité. 
  • Gérer les contacts, prestataires, rapports, visites, etc., en un seul endroit.  
  • Travailler avec un plan d’action unique, filtrable (par site, activité, responsable, type d’action, statut), simplifie la priorisation, le pilotage multi-site, la préparation des revues de direction etc. 

 Les témoignages d’entreprises utilisent ce type d'outils constatent une diminution de 50% voire 70% du nombre d’e-mails internes sur certains sujets, ainsi qu’un gain de temps de près de 50% sur la formalisation d’audits et le reporting. 

 

QHSE et digital : un levier d’engagement à 360° 

Un outil dédié aux missions QHSE représente un facilitateur de communication et de performance à tous les niveaux hiérarchiques. 

 

Un outil opérationnel pour le terrain 

Le digital permet de créer des formulaires sur mesure, directement paramétrés par les équipes métiers : Fiche de postes, checklists, formulaire de remonté d’incident... 

 

Grâce à une version mobile, les opérateurs peuvent travailler avec un simple smartphone et continuer de saisir des données même en mode déconnecté, dans des zones sensibles ou en sous-sol, là où le réseau est inaccessible. 

 

C’est un gain de temps, de fiabilité et de reconnaissance pour les équipes qui voient que leurs remontées sont tracées, suivies et valorisées. 

 

“La vraie force de BlueKanGo est sa version mobile, permettant d’aller sur le terrain et travailler avec un simple smartphone. Le mode déconnecté nous garantit une continuité de service, même dans nos installations de type bunker, 5 à 10m sous terre. - Bioline 

 

Une vision globale pour le management et la direction 

L’intérêt d’un outil dédié QHSE est de pouvoir relier entre eux l’ensemble des bases de données QHSE et RH telles que : 

 

  • Le DUERP, la cartographie des risques, les fiches de poste. 
  • Les non-conformités, incidents, AT, plans d’actions. 
  • Les formations, habilitations, visites médicales, contrôles périodiques... 

Cette vision à 360° facilite la préparation des revues de processus et de direction, les audits internes et externes et donc l’anticipation des risques plutôt que la réaction à chaud. La direction dispose ainsi de tableaux de bord synthétiques, actualisés, qui constituent une vraie aide à la décision.  

 

Convaincre ses collaborateurs en QHSE, ce n’est pas « faire passer un message » une fois pour toutes. C’est construire progressivement une culture partagée, où les opérationnels sont écoutés, associés et reconnus, le management intermédiaire est outillé, soutenu et impliqué, et la direction comprend les enjeux économiques, juridiques, stratégiques, et assume son leadership. Le rôle du responsable QHSE est alors moins celui d’un contrôleur que celui d’un facilitateur de coopération. Avec les bons arguments, les bons outils et une présence forte sur le terrain, il devient possible de transformer les contraintes perçues en véritable moteur de performance, de sécurité et de pérennité pour l’entreprise. 

 

BlueKanGo  -  Une plateforme complète, intelligente et sécurisée

 

. . .

5 min de lecture