Date de mise à jour 29/04/2026

Limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C n’est plus une déclaration d’intention. C’est devenu un cadre de référence opérationnel pour les entreprises, leurs investisseurs, leurs clients… et de plus en plus pour les régulateurs.Dans ce contexte, la Science Based Targets initiative (SBTi) s’est imposée comme le standard de référence pour structurer des trajectoires de décarbonation crédibles, comparables et pilotables dans le temps.

 

Mais que recouvre réellement la SBTi ? Et pourquoi ce cadre, encore perçu comme volontaire il y a quelques années, s’impose‑t‑il aujourd’hui comme un socle stratégique pour les organisations ? On vous répond.

 

Un cadre structurant pour piloter une trajectoire de décarbonation crédible

La SBTi n’est ni un label, ni un dispositif de compensation carbone.
Il s’agit d’une initiative internationale qui accompagne les entreprises dans la définition d’objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre alignés sur les connaissances scientifiques et compatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris.

 

Sa promesse est simple, mais exigeante : traduire les scénarios climatiques globaux en trajectoires concrètes, applicables aux entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur d’activité.

 

Pour cela, la SBTi repose sur un principe fondamental : l’effort de décarbonation demandé à chaque organisation doit être cohérent avec le budget carbone mondial disponible.


Autrement dit, l’ambition n’est pas laissée à l’appréciation individuelle. Elle est cadrée par la science.

 

Une rupture méthodologique : les exigences structurantes de la SBTi

La SBTi marque une rupture nette avec les approches traditionnelles des objectifs climatiques. Là où certains cadres reposaient sur des ambitions déclaratives ou partielles, elle impose une méthodologie rigoureuse, pensée pour inscrire les entreprises dans une trajectoire réellement crédible.

 

Une couverture large des émissions

Première exigence : une prise en compte exhaustive des émissions de gaz à effet de serre.
Il ne s’agit plus seulement d’agir sur les émissions directes. La démarche s’étend à l’ensemble de la chaîne de valeur, en amont comme en aval, afin d’éviter les angles morts et les reports d’impact.

 

Des réductions réelles et mesurables

Deuxième exigence : la nature même des réductions attendues.
La SBTi privilégie des réductions réelles, mesurables et vérifiables. Les engagements ne peuvent reposer sur des promesses lointaines ou des mécanismes de compensation massifs. Ils supposent des transformations concrètes des activités et des processus, appuyées sur des indicateurs précis et un suivi régulier de la performance climatique.

 

Une trajectoire connectée à un objectif climatique collectif

Enfin, chaque trajectoire d’entreprise doit être directement alignée sur un objectif climatique collectif et non sur une ambition isolée. L’effort demandé s’inscrit ainsi dans le respect du budget carbone mondial, tel que défini par les connaissances scientifiques et les engagements internationaux, notamment l’Accord de Paris.

Il ne s’agit plus de déclarer une intention, mais bien d’entrer dans un chemin de transformation vérifiable.

 

Une logique structurante : réduire d’abord, neutraliser ensuite

Au cœur de l’approche SBTi se trouve une hiérarchie claire des leviers d’action pour les stratégies climat. La logique structurante de la démarche repose sur la priorité accordée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source. Ainsi, les entreprises sont tenues d’engager des réductions significatives et profondes, non seulement sur leurs activités propres mais également sur l’ensemble de leur chaîne de valeur, en amont comme en aval.

 

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La neutralisation des émissions résiduelles, notamment par des solutions de séquestration carbone, n’intervient qu’en toute fin de processus. Ce n’est qu’après avoir éliminé la majeure partie des émissions que l’entreprise peut envisager la neutralisation des quantités résiduelles, afin d’atteindre un niveau compatible avec les exigences de la SBTi.

 

Il est essentiel de retenir que la compensation ne constitue pas, à elle seule, un moyen d’atteindre les objectifs fixés par la SBTi. Elle ne peut être utilisée qu’en complément ultime, lorsque la transformation des modèles économiques et la réduction réelle des émissions ont déjà été mises en œuvre. La compensation ne doit jamais se substituer à l’effort de transformation, mais s’inscrire dans une démarche structurée, cohérente et pilotable dans le temps.

 

Near-term et net-zero : deux horizons indissociables

La SBTi repose sur une articulation claire entre le court terme et le long terme, souvent mal comprise.

 

Les objectifs à court terme (near-term) couvrent un horizon de 5 à 10 ans. Ils visent à enclencher des réductions d’émissions rapides et mesurables, compatibles avec une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5 °C pour les activités directes.

Ces objectifs constituent le socle opérationnel de la démarche : sans résultats à court terme, aucune trajectoire long terme n’est crédible.

 

Les objectifs de long terme (net-zero) définissent, quant à eux, le point d’atterrissage : atteindre, d’ici 2050 au plus tard, un niveau d’émissions résiduelles compatible avec le zéro émission nette. Ils supposent une réduction très profonde des émissions sur l’ensemble de la chaîne de valeur, avant toute neutralisation.

 

La logique est claire : on ne s’engage pas directement vers le net-zero sans passer par le court terme car c’est lui qui conditionne la crédibilité du long terme.

 

Entreprises éligibles à la SBTi : périmètre, secteurs et conditions d’engagement

La SBTi s’adresse aujourd’hui à la grande majorité des entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité. Grands groupes, PME, entreprises cotées ou non : toutes peuvent s’engager, dès lors qu’elles exercent une activité économique commerciale.

 

Des cadres spécifiques existent néanmoins pour certaines catégories d’acteurs : les institutions financières disposent par exemple d’un standard dédié intégrant les émissions liées aux activités de financement, tandis que les PME bénéficient d’une voie simplifiée, pensée pour faciliter l’engagement.

 

À l’inverse, certains secteurs très spécifiques, notamment l’extraction et la production directe de combustibles fossiles, ne sont pas encore entièrement éligibles à la validation, faute de référentiels sectoriels finalisés.

 

Dans la pratique, toutefois, la principale question n’est plus celle de l’éligibilité, mais celle de la capacité de l’entreprise à structurer une trajectoire crédible sur l’ensemble de ses activités.

 

Validation SBTi : un processus clé pour garantir la crédibilité des objectifs climat

La validation est l’un des piliers de la crédibilité de la SBTi.Une fois ses objectifs définis, l’entreprise les soumet à un processus de revue indépendante assuré par l’entité de validation de la SBTi.

 

Cette revue ne cherche pas à juger la stratégie globale de l’entreprise, mais à vérifier que :

  • les périmètres d’émissions sont correctement couverts,
  • les niveaux de réduction sont alignés avec les trajectoires scientifiques,
  • les règles méthodologiques (notamment sur la compensation) sont respectées.

Si les objectifs sont conformes, ils sont officiellement validés et rendus publics. Dans le cas inverse, l’entreprise est invitée à ajuster ses cibles.
La validation devient ainsi un jalon structurant, à la fois pour le pilotage interne et pour la crédibilité externe.

 

Non-respect des objectifs SBTi : enjeux de transparence et risques réputationnels

La SBTi n’est pas un dispositif de sanction financière. Elle repose sur un principe d’engagement volontaire assorti d’une obligation de transparence. Les entreprises engagées doivent publier chaque année leurs émissions et leurs progrès. En cas d’écart significatif par rapport à la trajectoire annoncée, elles sont tenues d’en expliquer les causes et, le cas échéant, d’ajuster leurs actions ou leurs objectifs.

 

Le principal risque n’est donc pas juridique, mais réputationnel, stratégique et économique : perte de crédibilité, accusations de greenwashing, défiance des investisseurs ou pression accrue des grands donneurs d’ordres.
À mesure que la SBTi devient un référentiel attendu, le nonrespect d’une trajectoire validée devient un signal visible pour l’écosystème.

 

La SBTi ne dicte pas une stratégie unique. Elle fournit un cadre commun, fondé sur la science, pour transformer l’ambition climatique en trajectoire réelle.Elle ne remplace pas la stratégie climat de l’entreprise.Elle en constitue le socle de crédibilité, celui qui permet de passer d’une promesse à une transformation mesurable, suivie et gouvernée dans le temps.

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