Date de mise à jour 28/09/2026

Qualiopi 2026 : ce qui change vraiment ?
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La réforme Qualiopi 2026 suscite déjà de nombreuses interrogations chez les organismes de formation. Derrière les annonces réglementaires, une question revient chez les dirigeants et les responsables qualité : faut-il tout revoir, ou simplement mieux piloter ce qui existe déjà ? Réponses avec Fabrice TIREL, expert Qualiopi et dirigeant de RELTIM.  

 

La réforme Qualiopi 2026 : rupture réglementaire ou nouvelle étape ? 

Je dirais plutôt nouvelle étape. Il ne faut ni minimiser cette évolution, ni céder au stress. Le référentiel évolue, mais nous ne sommes pas face à une remise à plat complète de Qualiopi. Ma lecture est plutôt celle d’une maturation du système. Les exigences deviennent plus précises sur certains sujets et renforcent progressivement la logique de pilotage. L’enjeu, pour les organismes, consiste donc à comprendre ce qui change réellement, sans reconstruire inutilement ce qui fonctionne déjà. 
 

Quels sont la principale nouveauté de cette réforme ? 

Au-delà des modifications apportées à certains indicateurs, Qualiopi évolue progressivement d’une logique centrée sur la conformité vers une logique de pilotage et d’efficacité. C’est là la grosse nouveauté. Il ne suffit plus seulement de prouver qu’un processus existe. Les organismes devront être capables de montrer comment ils fonctionnent, comment ils suivent leurs résultats et comment ils réagissent lorsque des écarts apparaissent. Cette évolution pose aussi la question de l’outillage. Piloter un système qualité dans la durée suppose des indicateurs suivis, des tableaux de bord lisibles et une vision claire de l’activité, des risques et des actions engagées. Et c’est difficilement possible avec des tableurs ou pire du papier. C’est cette évolution que les organismes doivent comprendre. 

 

Les organismes doivent-ils repartir d’une page blanche ? 

Non, et c’est important de le rappeler. Le décret n° 2026-728 du 1er août 2026 continue de structurer le dispositif et les sept critères restent en place. Nous ne repartons donc pas d’une page blanche. L’architecture générale que les organismes connaissent est conservée, avec des exigences renforcées sur certains indicateurs et l’introduction d’un indicateur supplémentaire pour les CFA. C’est pour cela que mon conseil est de ne surtout pas par refaire tout votre système qualité. Commencez par identifier précisément ce qui est réellement impacté. 

 

Quels sont les points de vigilance à examiner en priorité ? 

J’identifie trois points de vigilance majeurs. Le premier concerne la transparence. L’information communiquée par l’organisme devra être claire, sincère et vérifiable, qu’il s’agisse des résultats affichés, des supports de communication ou des informations relatives aux certifications. Le deuxième touche à la protection des publics, avec une attention renforcée portée à la prévention des violences, du harcèlement, des discriminations et plus largement à la sécurisation des parcours. Le troisième relève du pilotage. La sous-traitance, l’amélioration continue et la maîtrise des risques deviennent des sujets sur lesquels les organismes devront être capables de démontrer une maîtrise réelle, appuyée par des données, des suivis et des décisions documentées. Ce sont de grandes orientations. Le niveau précis de preuve attendu reste un point essentiel à surveiller. 

 

Un trente-troisième indicateur fait son apparition ? 

Ce nouvel indicateur concerne spécifiquement les CFA. Il prévoit une évaluation des enseignements par les apprentis, distincte de l’enquête de satisfaction classique, avec une logique d’exploitation des résultats et d’amélioration continue. Pour les autres catégories d’organismes, le périmètre reste celui des 32 indicateurs. C’est typiquement le genre d’information qu’il faut remettre en perspective : une nouveauté réglementaire ne signifie pas nécessairement que tout votre système doit changer. 

 

Peut-on déjà savoir quel niveau de preuve sera attendu lors des prochains audits ? 

Pas complètement, et je pense qu’il est important de le dire. Le texte fixe le cadre, mais le nouveau Guide de lecture (guide de lecture V10 ou généralement appelée le V10) constituera une pièce déterminante pour préciser le niveau attendu et les éléments de preuve associés. À ce stade, je préfère donc distinguer très clairement trois choses : ce que dit le texte, ce que nous pouvons déjà anticiper et ce que nous ne savons pas encore. C’est aussi ma posture d’auditeur. Ne pas inventer une exigence qui n’existe pas. Nous continuerons donc à analyser les textes et le futur Guide de lecture pour déterminer, indicateur par indicateur, les impacts opérationnels réels. A ce jour, c’est le référentiel qui est passé en V2 et c’est une première depuis 2019. Il nous faut donc attendre le nouveau guide de lecture pour en savoir plus 

 

Le risque n’est donc pas seulement de ne pas se préparer, mais aussi de mal interpréter la réforme ? 

Exactement. La réforme doit être prise au sérieux, mais elle ne doit pas devenir un prétexte à complexifier inutilement les organisations. Le risque, pour certains organismes, serait de transformer chaque évolution en nouvelle procédure, chaque vigilance en nouveau fichier, chaque incertitude en nouvelle contrainte interne. Une démarche qualité efficace doit rester proportionnée. Elle doit sécuriser les pratiques, pas les alourdir. C’est là que le pilotage prend tout son sens. Des indicateurs bien choisis, des tableaux de bord réguliers et des outils adaptés permettent de distinguer les vrais écarts des inquiétudes supposées. 

 

Que peut-on utilement préparer dès maintenant ? 

Certains sujets peuvent déjà être examinés, comme les supports de communication, la manière dont sont calculés et présentés les indicateurs de résultats, la sous-traitance ou encore l’approche des risques. L’objectif n’est pas de créer immédiatement de nouvelles procédures. Il est d’abord de mesurer l’écart entre les pratiques actuelles et les exigences qui se dessinent, puis de décider, sur cette base, des ajustements réellement nécessaires. 

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i A propos de Fabrice Tirel
TGI_2025Fabrice Tirel est auditeur Qualiopi, dirigeant de RELTIM organisme lui-même certifié et accompagnateur d’organismes de formation. À travers RELTIM, il aide les structures à sécuriser leur démarche qualité sans ajouter de complexité inutile. Son approche repose sur une conviction : une certification utile n’est pas une accumulation de documents, mais un système compris, maîtrisé et réellement piloté au service des pratiques.

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