Le secteur de la construction au Québec évolue dans un contexte exigeant  : main‑d’œuvre en renouvellement constant, chantiers en mouvement continu, réglementation renforcée et attentes élevées en matière de performance SST. Optimiser la gestion de la santé et sécurité devient ainsi un véritable levier de compétitivité. Pour y parvenir, trois éléments se révèlent essentiels : des méthodes de prévention structurées, des indicateurs fiables, et des outils numériques adaptés à la réalité terrain. Ensemble, ils permettent de standardiser les pratiques, d’améliorer la conformité et de renforcer la culture de prévention.

Dans cet article, nous présentons les stratégies les plus efficaces pour optimiser la gestion SST en construction, illustrées par un exemple concret issu du terrain.

 

 

Comprendre les défis actuels de la gestion SST en construction

La construction demeure l’un des secteurs les plus à risque au Québec. En 2023, on y a recensé : 8 676 accidents de travail, 914 maladies professionnelles et 68 décès liés au travail, représentant 32 % de tous les décès professionnels. Alors que les travailleuses et travailleurs de la construction représentaient environ 7 % de la main-d’œuvre provinciale.

 

Cette réalité s’explique par plusieurs facteurs :

 

  • Un environnement en constante évolution : Chantiers multiples, conditions fluctuant chaque jour, cohabitation des équipes sur le chantier, machinerie lourde.

  • Des outils encore trop souvent inadéquats : Papier, Excel, applications génériques… ces outils créent des écarts, des oublis et une perte de temps importante.

Pour optimiser la SST, il faut dépasser la conformité minimale et instaurer une gestion structurée, proactive et mesurable.

 

 

Méthodes clés pour structurer la prévention SST

Une gestion efficace de la SST en construction repose d’abord sur une organisation rigoureuse et une cohérence entre les différentes équipes et chantiers. Dans un secteur où les conditions évoluent rapidement et où plusieurs intervenantes et intervenants se côtoient chaque jour, il devient essentiel de structurer les pratiques, d’harmoniser les processus et d’assurer une compréhension commune des attentes. Cette base solide permet non seulement de réduire les écarts entre les chantiers, mais aussi de faciliter l’intégration des nouvelles personnes, de soutenir la prise de décision et de renforcer la culture de prévention. C’est à partir de cette fondation que les entreprises peuvent ensuite déployer des méthodes réellement efficaces pour optimiser leur gestion SST.

 

1. Uniformiser les pratiques et la nomenclature

Une prévention solide commence par un langage commun : OPSS (observation préventive santé sécurité), OPE (observation préventive environnementale), situations dangereuses, NC (non-conformité), EPI (équipement de protection individuelle), etc. Lorsque chaque chantier applique les mêmes définitions et les mêmes processus, les écarts diminuent.


2. Prioriser les observations terrain

Les meilleures décisions découlent d’informations fiables. Les entreprises performantes multiplient :

  • les OPSS

  • les inspections

  • les audits

  • les pauses sécurité

  • les suivis d’événements mineurs ou presqu’accidents

3. Documenter systématiquement

Une prévention efficace repose sur des informations fiables, complètes et accessibles. Documenter systématiquement les observations, incidents, presqu’accidents et interventions permet de mieux comprendre ce qui se passe réellement sur les chantiers. Plus les données sont précises et structurées, plus il devient possible d’identifier les tendances, de repérer les risques récurrents et d’agir avant qu’un incident ne survienne. La documentation rigoureuse transforme ainsi chaque observation en opportunité d’amélioration et alimente une prévention proactive, cohérente et durable.

 

4. Miser sur la formation continue

Assurer une formation continue pour les personnes superviseures, les responsables de chantier et l’ensemble des membres des équipes est essentiel pour maintenir une culture SST vivante. Dans un secteur où la rotation du personnel est élevée, renforcer régulièrement les compétences et les réflexes de prévention permet de soutenir la vigilance, d’uniformiser les pratiques et de favoriser une prise en charge collective de la santé et de la sécurité.

 

 

Les indicateurs SST à suivre pour piloter la performance

Les données sont désormais indispensables pour orienter la prévention et démontrer l’amélioration continue. Dans le secteur de la construction, certains indicateurs se démarquent pour leur utilité en prévention SST.


En voici quelques-uns :

 

  • Taux de complétion des OPSS et inspections : Indique la discipline prévention sur les chantiers.

    Taux de conformité : Permet d’évaluer l’adhésion aux procédures, normes et exigences internes.

    Analyse des tendances : Identifier les risques récurrents, les chantiers à plus forte incidence ou les situations dangereuses en hausse.

    Suivi des actions correctives : Constitue un indicateur clé de maturité en prévention. Il permet de vérifier combien d’actions ont été assignées, combien sont réalisées à temps et lesquelles reviennent fréquemment, révélant ainsi des problématiques récurrentes.

    Mesures de performance temporelle : Par exemple, la compilation mensuelle des statistiques, le temps de traitement d’un événement, le délai de fermeture des actions. Plus les indicateurs sont précis et stables, plus il devient possible de prévenir plutôt que réagir.

 

L’apport essentiel des outils numériques

Les outils numériques adaptés à la construction simplifient la prévention et permettent aux équipes de mieux collaborer.


Voici les fonctionnalités qui font la différence :

 

  • Mode déconnecté : Indispensable dans les chantiers souterrains, les régions éloignées, les lieux où le réseau est instable. Les données sont saisies sur le terrain, puis synchronisées automatiquement dès que la connexion revient.

  • Flux de travaux automatisés : Ils permettent d'assigner les actions automatiquement, d'envoyer des rappels, de structurer le traitement des événements et de réduire les oublis.

  • Statistiques avancées : Un tableau de bord clair et personnalisable permet d’interpréter rapidement les données (complétion, conformité, tendances).

  • Personnalisation sans code : C’est souvent l'élément clé de l’adoption. Les formulaires et processus doivent refléter la réalité de chaque entreprise, sans nécessiter du développement informatique.

 


Exemple terrain : quand personnalisation rime avec efficacité

Une entreprise québécoise de construction, dont les équipes travaillaient sur des chantiers variés (incluant des zones sans connexion), devait composer avec :

 

  • des outils papier,

  • une solution numérique trop rigide,

  • une nomenclature interne difficile à adapter,

  • des utilisateurs au niveau technologique inégal.

En implantant une plateforme flexible et personnalisable, elle a réussi à transformer sa gestion SST.

 

Voici quelques-uns des impacts observés :

 

Indicateur Avant Après
Traitement des statistiques mensuelles 48 h 2 h
Compilation OPSS/OPE 48 h 2 h
Formulaires papier à traiter par mois 50-75 0
Taux d’utilisation de la plateforme : 80 % 95 %

 

Cette amélioration rapide a été rendue possible grâce à la personnalisation complète de la nomenclature, le mode déconnecté, l’automatisation des flux de travaux et la formation des administrateurs internes. Un exemple concret de l’impact que peut avoir un outil adapté à la réalité du terrain.

 

 

Par où commencer pour optimiser la gestion SST?

  • Cartographier les pratiques actuelles : Identifier les redondances, les irritants et les pertes de temps.

  • Définir la nomenclature commune : Un préalable indispensable à la standardisation.

  • Choisir un outil flexible : Il doit s’adapter à vos processus, et non l’inverse.

  • Former vos équipes : Pour assurer l’adhésion et l’autonomie.

  • Déployer par étapes : Commencer par les modules essentiels (OPSS, inspections, événements) puis élargir.

 

Optimiser la gestion SST en construction exige une combinaison équilibrée de méthodes, d’indicateurs et d’outils numériques adaptés au terrain. Les entreprises qui réussissent sont celles qui parviennent à structurer leurs pratiques, à uniformiser leur langage et à s’appuyer sur des solutions flexibles, capables d’évoluer avec les besoins.


Dans un secteur aussi exigeant que la construction, cette approche permet non seulement d’améliorer la conformité, mais aussi de renforcer la culture de prévention et ultimement, de protéger ce qui compte le plus : la santé et la sécurité des travailleuses et travailleurs.

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