Les opérations de consignation (lockout‑tagout / LOTO) sont aujourd’hui l’un des leviers les plus efficaces pour prévenir les accidents graves lors des travaux de maintenance ou de dépannage des équipements de travail. Sans une procédure de consignation claire, appliquée et tracée, un simple arrêt machine peut masquer des énergies résiduelles électriques, mécaniques, hydrauliques ou pneumatiques encore présentes dans le système.  

 

Mais alors, on peut se demander comment mettre en place une procédure de consignation claire, robuste et applicable sur le terrain, en intégrant les exigences normatives (NF C 18‑510, directive équipements de travail) sans la transformer en “usine à gaz” ? 

 

En Europe, ces pratiques s’inscrivent dans le cadre de la directive 2009/104/CE sur l’utilisation des équipements de travail, transposée en droit français dans le Code du travail, ainsi que dans la norme NF C 18‑510 pour la consignation électrique, régulièrement actualisée (amendement A1 notamment).  



Qu'est-ce qu'une procédure de consignation ?

Une procédure de consignation est un mode opératoire formalisé qui décrit comment mettre une installation ou un équipement en sécurité avant toute intervention et comment le remettre en service une fois les travaux terminés. Elle vise à neutraliser toutes les sources d’énergie dangereuses (tension électrique, énergie mécanique, pression de fluides, gravité, etc.) et à éviter toute remise en marche intempestive de la machine.  

 

Dans la pratique, la consignation repose sur trois piliers : un référentiel réglementaire et normatif adapté, une organisation claire des rôles (chargé de consignation, intervenants, exploitant) et des moyens matériels adaptés (cadenas, dispositifs de condamnation, étiquettes, détecteurs de tension, etc.).  

 

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LES ÉTAPES clés d'une consignation réussie 

La procédure de consignation repose sur une succession d’étapes précises, décrites par la NF C 18‑510 pour le domaine électrique et transposables à d’autres énergies (mécaniques, fluidiques, thermiques, etc.). L’enjeu est d’éliminer les sources d’énergie, d’empêcher tout réarmement, puis de vérifier l’absence effective de danger avant d’autoriser les travaux.  

 

Étape Préliminaire. Préparation et analyse des risques 

Avant toute action sur l’installation, il convient d’identifier le type d’intervention, la nature des énergies présentes (électrique, hydraulique, pneumatique, mécanique…) et les risques qui en découlent pour les intervenants. Cette étape de préparation inclut l’inventaire des points de consignation, la détermination des moyens nécessaires (dispositifs de condamnation, cadenas, détecteurs, purge, vidange, etc.) et la désignation d’un chargé de consignation dûment habilité 

 

L’information des utilisateurs et des services concernés (production, maintenance, travaux neufs) est également essentielle pour éviter toute tentative de remise en service pendant l’intervention.  

 

Étape n°1 : Séparation des sources d’énergie 

La séparation consiste à isoler l’équipement de toutes ses sources d’énergie pour le mettre hors service. En électricité, cela se traduit par la coupure de l’alimentation à l’aide d’un disjoncteur, d’un sectionneur ou d’un dispositif de coupure dédié ; en hydraulique ou pneumatique, par l’arrêt de l’alimentation en fluide (fermeture de vannes, arrêt de compresseur, etc.) accompagné, si nécessaire, de purge ou de vidange des circuits.  

 

Pour les énergies mécaniques, la séparation peut impliquer le désaccouplement d’organes de transmission, le blocage de pièces mobiles ou le calage de charges susceptibles de se déplacer sous l’effet de la gravité.  

 

Étape n°2 : Condamnation et blocage des organes de manœuvre 

La condamnation vise à rendre impossible toute remise sous tension ou remise en service de la machine pendant la durée des travaux. Elle se fait au moyen de dispositifs physiques (cadenas, mâchoires de consignation, verrous de disjoncteur, brides de vannes, capuchons pour prises électriques, etc.) qui empêchent l’action sur l’organe de coupure.  

 

Les bonnes pratiques recommandent fortement que chaque intervenant pose son propre cadenas (consignation multi‑cadenas) afin que personne ne puisse enlever le dispositif sans s’assurer que tous les opérateurs sont sortis de la zone dangereuse. Le chargé de consignation doit vérifier que l’ensemble des points de consignation identifiés en préparation ont bien été condamnés.  

 

Étape n°3 : Identification claire de l’installation consignée 

L’identification permet de s’assurer que l’installation mise hors service est bien celle sur laquelle les travaux doivent être réalisés et de prévenir toute personne d’une intervention en cours. Des étiquettes de consignation ou plaquettes “Ne pas manœuvrer – Personnel au travail” sont apposées sur les organes de coupure, les armoires électriques, les vannes ou les organes de commande concernés.  

 

Ces supports d’identification mentionnent en général l’équipement concerné, la date et l’heure de consignation, le nom du chargé de consignation et, le cas échéant, les coordonnées des intervenants 

 

Étape n°4 : Vérification d’absence d’énergie (VAT, purge, contrôle mécanique)

Cette étape est décisive : elle consiste à démontrer que l’énergie a réellement été supprimée ou neutralisée et qu’il n’existe plus d’énergie résiduelle dangereuse.  

 

  • Électricité : la norme NF C 18‑510 exige l’utilisation d’un appareil de Vérification d’Absence de Tension (VAT) conforme, et interdit l’usage d’un simple multimètre polyvalent pour cette opération, jugé trop source d’erreurs.  
  • Fluides (hydraulique, pneumatique, vapeur, gaz) : la vérification passe par le contrôle de l’efficacité des purges, des décompressions ou des vidanges, ainsi que par la lecture d’indicateurs (manomètres, voyants de niveau).  
  • Mécanique : elle repose sur un contrôle visuel de l’immobilisation des pièces en mouvement, le test de l’efficacité des calages et la vérification de l’absence d’énergie potentielle (ressorts comprimés, pièces en tension, charges suspendues, etc.).  

Lorsque cela s’avère nécessaire, une mise à la terre et en court‑circuit (MALT/CC) est réalisée immédiatement après la vérification d’absence de tension, notamment sur certains réseaux électriques, afin d’éliminer les risques de retour de tension ou de tension induite.  

 

Déconsignation : remettre l’installation en service en sécurité 

Une fois les travaux de maintenance ou de réparation terminés, la déconsignation doit suivre une séquence rigoureuse, en général dans l’ordre inverse de la consignation. Elle comprend le retrait des outils et matériels, la remise en place des protections (carters, capots, dispositifs de sécurité), la levée des condamnations, la ré‑alimentation progressive des circuits et la vérification du bon fonctionnement de l’installation.  

 

Avant la remise en service, les intervenants quittent la zone dangereuse, les cadenas individuels sont retirés, le chargé de consignation lève officiellement la consignation et informe les utilisateurs que la machine est de nouveau disponible. Un dernier contrôle fonctionnel peut être prévu pour s’assurer de la conformité de l’installation et de la bonne exécution des travaux.  

 

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Pourquoi digitaliser la procédure de consignation ? 

La digitalisation des processus QHSE s’est fortement accélérée ces dernières années, portée notamment par les contraintes de traçabilité, de conformité et de performance opérationnelle mises en lumière par les baromètres de la profession. Pourtant, de nombreuses entreprises gèrent encore leurs consignations via des formulaires papier ou des fichiers bureautiques dispersés, avec un risque élevé d’erreurs, d’oubli et de manque de visibilité en temps réel 

 

Les outils numériques dédiés (plates‑formes QHSE, applications terrain, solutions de lockout‑tagout digital) permettent de centraliser les procédures de consignation, de gérer des modèles par site ou type d’équipement, de suivre les permis de consignation et de disposer de tableaux de bord en temps réel sur les consignations en cours.  

 

Bénéfices concrets d’une consignation digitalisée 

Une approche digitalisée de la consignation apporte des gains tangibles pour les équipes de maintenance, les exploitants et les responsables QHSE. Elle répond aux attentes croissantes en matière de traçabilité, d’auditabilité et de pilotage des indicateurs HSE.  

 

  • Centralisation documentaire : guides de consignation, textes réglementaires, schémas d’installations et modes opératoires sont accessibles depuis une gestion électronique de documents (GED) intégrée à la solution QHSE.  
  • Permis de consignation électroniques : création, validation et signature électronique des permis directement sur smartphone ou tablette, avec horodatage et archivage automatique, offrant une meilleure preuve de conformité lors des audits internes ou externes.  
  • Suivi en temps réel : visualisation de l’état des consignations par site, par atelier ou par équipement (en cours, validées, à lever), pour mieux coordonner les interventions de maintenance et limiter les conflits d’usage des machines.  
  • Audits et retours d’expérience : saisie sur le terrain des contrôles de conformité des consignations (checklists, photos, plans, relevés) directement dans l’outil, avec génération automatique de rapports d’audit et d’actions correctives.  

Au‑delà de la conformité réglementaire, pour les responsables QHSE, l’enjeu est de faire de la consignation un réflexe collectif : formation des équipes, intégration dans les permis de travail, vérifications systématiques lors des audits de terrain, analyse des écarts et exploitation des retours d’expérience. Couplée à un système digitalisé robuste, la consignation devient alors un outil stratégique de sécurisation des chantiers, de maîtrise des risques et de crédibilisation de la démarche HSE auprès des salariés, des partenaires et des autorités. 

 

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