La norme ISO 9001 demeure, depuis 1987, la référence mondiale pour la gestion de la qualité. Elle est adoptée dans tous les secteurs, du manufacturier à la santé, en passant par les services publics et les technologies. Selon les données issues du ISO Survey, il s’agit de la norme de gestion de la qualité la plus largement utilisée au monde, avec plus de 1,1 million de certificats délivrés à des organisations dans 178 pays. Avec une telle diffusion internationale, la mise à jour prévue en 2026 attire naturellement beaucoup d’attention, y compris au Québec, où de nombreuses organisations reposent sur ISO 9001 pour structurer leur performance, leur conformité et leur culture organisationnelle.
Avec l’évolution rapide des enjeux environnementaux, numériques, sociaux et réglementaires, une mise à jour s’imposait. Ainsi, après plus de dix ans de stabilité depuis la version 2015, la nouvelle édition ISO 9001:2026 est en voie d’être finalisée.
Cet article vous propose un décryptage complet, pragmatique et contextualisé pour le Québec, afin de vous aider à anticiper votre transition.
Le processus officiel de révision suit un calendrier clair :
27 août 2025 : publication du Draft International Standard (DIS), soit le projet formel de norme.
Début 2026, ISO : publication attendue du Final Draft (FDIS), dernière version avant approbation.
Septembre 2026 : publication officielle de la norme ISO 9001:2026.
2026–2029 : période de transition de trois ans pour adapter les systèmes de gestion.
| Terme | Signification | Période |
| ISO/DIS 9001 | Draft International Standard – Projet de norme |
Maintenant
(phase d’enquête internationale)
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| ISO/FDIS 9001 | Version finale proposée |
Début 2026 (si nécessaire)
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| ISO 9001:2026 | Norme finale publiée |
Prévu en septembre 2026
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Pour les entreprises québécoises, cela signifie qu’il est déjà temps d'anticiper afin d’éviter une transition précipitée, notamment en contexte de pénurie de main-d’œuvre où la capacité de mener des projets internes est souvent sous tension.
Les sources concordent : la version 2026 ne bouleversera pas l’architecture actuelle, toujours basée sur les chapitres 4 à 10 et sur la structure HLS (High Level Structure).
L’objectif du comité ISO n’est pas d’obliger les organisations à réinventer leur système de gestion de la qualité (SGQ), mais de moderniser, renforcer et aligner sur les enjeux émergents. Bref, une évolution qui maintient la stabilité tout en intégrant les réalités actuelles.
La version 2026 exige que la direction incarne activement les valeurs qualité et l’intégrité dans ses décisions, ses communications et ses comportements.
Pour les organisations, cela touche :
la gouvernance,
les comportements attendus des gestionnaires,
la transparence dans les communications internes,
la prévention des comportements contraires à l’éthique.
Ce changement va dans le sens de ce que plusieurs organismes paritaires au Québec promeuvent déjà, notamment en matière de culture organisationnelle saine.
Le chapitre 6.1 est revu pour :
mieux identifier les risques et opportunités,
intégrer les enjeux émergents (climat, cybersécurité, réputation),
encourager une logique proactive.
Cette évolution s’arrime parfaitement aux réalités québécoises, où les entreprises doivent composer avec une numérisation croissante, des risques climatiques qui influencent directement les chaînes logistiques, ainsi que des attentes de plus en plus élevées de la part des partenaires financiers et des donneurs d’ordres.
Plusieurs sources soulignent que la version 2026 prend en compte l’impact croissant de l’IA, de la cybersécurité et de la gestion des données. L’exigence 8.5.3, relative à la protection des biens des clients, souligne désormais explicitement l’importance des données personnelles et de la propriété intellectuelle. Avec l’adoption rapide de l’IA dans les organisations québécoises, souvent sans cadre formel, ce point devient crucial.
Cela signifie que les organisations devront porter une attention particulière à plusieurs éléments clés : l’encadrement de l’utilisation de l’intelligence artificielle au moyen de chartes ou de politiques internes, une gestion documentaire rigoureuse et structurée, un contrôle accru des accès aux systèmes et aux données, ainsi qu’une sensibilisation continue du personnel afin d’assurer une compréhension uniforme des bonnes pratiques et des attentes en matière de sécurité et de conformité.
La révision 2026 cherche à harmoniser davantage ISO 9001 avec les autres normes (notamment ISO 14001 et ISO 45001).
Cela répond aux besoins :
des organisations multiétablissements,
des entreprises certifiées SSEQ (santé et sécurité, environnement et qualité),
des équipes opérationnelles qui souhaitent des référentiels plus cohérents et moins redondants.
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Au Québec, la norme ISO 9001 est particulièrement répandue dans les PME, autant dans le secteur manufacturier que dans les services, deux milieux où les organisations cherchent à structurer leurs processus et démontrer leur conformité. Une période de trois ans peut sembler longue, mais dans les faits, elle passe très vite.
L’intégration des enjeux numériques devient incontournable pour les organisations, particulièrement dans un contexte où la cybersécurité, la protection des données et la confidentialité sont désormais reconnues comme des dimensions essentielles de la résilience opérationnelle. L’ISO rappelle elle‑même que la sécurité informatique, la cybersécurité et la protection de la vie privée sont désormais essentielles pour les entreprises, celles-ci étant constamment exposées à des cybermenaces pouvant compromettre leurs informations sensibles ainsi que leur propriété intellectuelle.
Dans cette perspective, les organisations québécoises doivent porter une attention accrue à la gouvernance des données, notamment en ce qui concerne :
la robustesse de leurs politiques de sécurité,
la maîtrise des environnements d’hébergement (incluant la gestion des serveurs hors Canada),
la conformité aux exigences de protection des données personnelles,
la prévention des fuites accidentelles ou liées à l’utilisation d’outils numériques ou d’IA.
Ces préoccupations sont directement alignées sur les orientations internationales mises de l’avant par l’ISO, qui insiste sur le fait que la valeur de l’information est indissociable de la nécessité d’assurer sa sécurité, sa confidentialité et sa disponibilité. À l’ère du numérique, cet enjeu devient structurel, et la transition vers ISO 9001:2026 offre une occasion stratégique d’intégrer ces pratiques de manière systémique.
Les entreprises devront démontrer un leadership plus visible, veiller à assurer une cohérence tangible entre leurs valeurs et leurs pratiques au quotidien, et adopter une approche davantage structurée et rigoureuse en matière d’intégrité professionnelle, afin de répondre aux attentes renforcées de la norme et des parties prenantes.
La révision ISO 9001:2026 met davantage l’accent sur la gestion des risques, la culture qualité, l’éthique, la continuité des activités et l’intégration des enjeux numériques. Dans ce contexte, les solutions numériques jouent un rôle essentiel pour soutenir les organisations dans leur démarche de mise en conformité et d’amélioration continue.
Voici comment les outils numériques modernes peuvent faciliter la transition :
La norme ISO 9001:2026 s’inscrit dans la continuité, tout en modernisant la gestion de la qualité pour refléter les transformations profondes du marché, du numérique et des attentes sociétales. Pour les organisations du Québec, cette révision représente une opportunité stratégique : renforcer la qualité, structurer l’innovation responsable et améliorer la performance globale.