Date de mise à jour 20/08/2026

VSME/VS: Comment préparer son reporting volontaire de durabilité ?
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A retenir

  • La nouvelle norme volontaire européenne VS offre aux PME et ETI un cadre simple pour répondre aux attentes ESG de leurs clients, banques et investisseurs, sans subir des demandes disproportionnées.

  • Un reporting efficace repose avant tout sur une méthode structurée : définir les objectifs, réutiliser les données déjà disponibles et collecter uniquement les informations réellement nécessaires.

  • Au-delà de la conformité, la norme volontaire (VS) devient un levier de compétitivité : elle facilite l’accès aux financements, renforce la crédibilité auprès du marché et s’inscrit dans une logique d’amélioration continue.

Depuis l'adoption du règlement délégué du 3 juillet 2026 (C(2026) 5011 final), les entreprises non soumises à la CSRD disposent enfin d'un cadre stabilisé pour publier leurs informations de durabilité : la VS, ou Voluntary Standard, norme volontaire européenne de reporting de durabilité qui succède à la recommandation VSME de juillet 2025.  

Pour une PME ou une ETI, s'engager dans cette démarche n'est plus seulement une question de conformité potentielle, mais c'est un moyen concret de répondre aux demandes croissantes de ses clients, de ses banques et de ses investisseurs, tout en gardant la main sur le niveau d'information communiqué.

 

Reste une question pratique : par où commencer, et comment structurer le projet ? Voici ma méthode en 8 étapes. Mais alors, où en est-on aujourd’hui ? Que dit la proposition Omnibus ? Comment les entreprises concernées par les VSME peuvent mettre en œuvre un reporting de Développement Durable efficace ? Voici des éléments de réponse. 


La Norme Volontaire (VS) en quelques mots

La Norme Volontaire (aussi appelée VSME) s'appuie sur l'architecture modulaire : un module de base (informations générales, environnement, social, gouvernance) et un module complet, plus détaillé, à mobiliser en fonction de la maturité de l'entreprise et des attentes de ses interlocuteurs. Elle s'adresse à toute entreprise qui n'atteint pas, en moyenne sur l'exercice précédent, 1 000 salariés (un périmètre élargi par la directive Omnibus I par rapport au public initial des seules PME).

 

Autre nouveauté importante : la VS joue désormais un rôle de plafond de la chaîne de valeurvalue chain cap ») : les grandes entreprises soumises à la CSRD ne peuvent pas exiger de leurs fournisseurs et partenaires protégés davantage d'informations que ce que prévoit la norme, sauf à leur en préciser explicitement le caractère facultatif. De quoi limiter l'effet de « ruissellement » des questionnaires ESG disproportionnés le long des chaînes d'approvisionnement.

 

 

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Récapitulatif des indicateurs de la VSME

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Les 8 étapes pour structurer votre reporting volontaire

 

Les 8 étapes pour structurer votre reporting volontaire

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Votre VSME en 8 étapes clés

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Les 8 étapes pour structurer votre reporting volontaire

Étape 1 : Cadrer le projet et désigner un pilote

Un reporting sous la Norme Volontaire réussi commence par une gouvernance claire. Dans la majorité des cas, le pilotage revient à la direction financière ou au responsable RSE, en lien étroit avec la direction générale (c'est elle qui arbitrera le niveau d'ambition, les moyens alloués et le calendrier). Ce cadrage initial doit aussi fixer un périmètre : reporting au niveau de l'entité seule ou du groupe, exercice de référence et ressources internes mobilisables (RH, achats, contrôle de gestion, QHSE). Un projet mal cadré au départ se traduit presque systématiquement par des retards ou des données incomplètes en fin de course.

 

Étape 2 : Identifier les besoins réels de vos parties prenantes

Avant de se lancer dans la collecte, il est essentiel de clarifier pourquoi l'entreprise publie ce reporting et pour qui. Quelles informations vos clients donneurs d'ordres demandent-ils réellement dans leurs questionnaires ESG ? Quelles données vos banques ou financeurs sollicitent-ils pour l'octroi ou le suivi de financements durables ? Ce diagnostic des attentes conditionne un choix structurant : se limiter au module de base, suffisant pour répondre à l'essentiel des demandes de la chaîne de valeur, ou aller jusqu'au module complet si l'entreprise vise des investisseurs plus exigeants ou souhaite valoriser une démarche de durabilité déjà avancée.

 

Étape 3 : Réaliser un état des lieux des données déjà disponibles en interne

Bonne nouvelle : vous disposez déjà de données ESG sans le savoir ! la plupart des entreprises produisent déjà une part significative des données ESG attendues. Les ressources humaines disposent des effectifs, de la répartition par genre ou des données de formation ; les achatas et la facturation énergétique renseignent les consommations et les émissions associées ; une certification ISO 14001, un bilan carbone ou une démarche qualité existante fournissent souvent des indicateurs directement réutilisables. Cet inventaire évite de dupliquer un travail déjà fait et permet d'identifier précisément les seuls trous à combler à l'étape suivante.

 

Étape 4 : Collecter les données manquantes, bloc par bloc

Une fois l'état des lieux réalisé, la collecte proprement dite peut commencer, bloc par bloc : B1 à B11 pour le module de base (informations générales, pratiques et politiques, énergie et émissions, pollution, biodiversité, eau, ressources et déchets, effectifs, santé-sécurité, rémunération, corruption), puis C1 à C9 si le module complet a été retenu. Le principe « si applicable » est central : tous les points de données ne concernent pas toutes les entreprises et certains d'entre eux (en particulier des indicateurs environnementaux plus exigeants) restent facultatifs pour les entreprises de 10 salariés ou moins, précisément pour préserver la proportionnalité de la démarche vis-à-vis des plus petites structures.

 

Étape 5 : Vérifier la cohérence et la qualité des données

Une fois les données rassemblées, place au contrôle qualité : cohérence entre les indicateurs, traçabilité des sources, vérification des unités et des périmètres de consolidation. Ce travail mérite une attention particulière car l'exercice de comparabilité d'une année sur l'autre montera en exigence dès la deuxième publication. Mieux vaut donc, dès la première année, documenter précisément les méthodes de calcul retenues pour pouvoir les reproduire à l'identique ensuite. À noter, pour rassurer les équipes : contrairement à la CSRD, la Norme Volontaire (VS) n'impose aucune obligation d'assurance externe des informations publiées, ce qui limite le coût de mise en conformité.

 

Étape 6 : Rédiger votre rapport de durabilité

Vient ensuite la rédaction du rapport lui-même. La norme laisse une certaine liberté sur le format de communication : document autonome, section dédiée du rapport de gestion ou support numérique. L'EFRAG met à disposition des modèles et exemples qui peuvent servir de base de travail, en particulier pour une première publication. L'essentiel est de présenter l'information de façon lisible et structurée selon les modules retenus, pour qu'un client ou un financeur puisse y retrouver rapidement ce qu'il cherche.

 

Recueil de rapports VSME

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Exemples de rapports de durabilité VSME

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Recueil de rapports VSME
 Étape 7 : Diffuser le rapport auprès des bonnes parties prenantes

Une fois publié, le rapport doit être activement partagé, pas seulement mis en ligne en espérant qu'il soit trouvé. Ciblez en priorité les parties prenantes identifiées dès l'étape 2 : clients donneurs d'ordres soumis à la CSRD, banques et financeurs, investisseurs. C'est aussi l'occasion de transformer un exercice de conformité en argument commercial et de réputation, en valorisant la démarche auprès des équipes commerciales et dans les réponses aux appels d'offres.

 

Étape 8 : Structurer un cycle d'amélioration continue

Le reporting volontaire (VS) n'est pas un exercice ponctuel mais un processus qui se consolide dans le temps. Chaque campagne de collecte enrichit la base de données disponible pour l'année suivante, ce qui allège progressivement la charge de travail. Il est utile de mener régulièrement une analyse d'écarts (gap analysis) entre ce est publié et ce qui est réellement attendu par les parties prenantes, et enfin de rester attentif aux évolutions de la norme et aux bonnes pratiques sectorielles à mesure que la démarche gagne en maturité.

 

L'apport d'un outil digital pour fiabiliser la démarche

Sur un projet qui mobilise plusieurs services (RSE, finance, RH, achats, QHSE) et qui doit se répéter chaque année avec un niveau de comparabilité croissant, s'appuyer sur un outil digital dédié change concrètement la donne par rapport à un pilotage sous tableurs. Une plateforme de gestion RSE permet de centraliser la collecte bloc par bloc (B1 à B11, C1 à C9) avec un suivi d'avancement par module et par contributeur, plutôt que de faire circuler des fichiers entre services. Elle sécurise aussi la traçabilité méthodologique évoquée à l'étape 5 : chaque donnée reste rattachée à sa source, à sa date de collecte et à son mode de calcul, ce qui facilite la comparabilité d'un exercice sur l'autre. Enfin, elle capitalise nativement sur les données déjà saisies pour les campagnes suivantes, ce qui rejoint directement la logique d'amélioration continue de l'étape 8, tout en réduisant le temps passé à ressaisir ou à consolider manuellement l'information.

 

 Une opportunité stratégique 

Le règlement délégué entrera en vigueur trois jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne pour un usage volontaire. Il n'est donc pas nécessaire d'attendre l'échéance de 2027, qui ne concerne que l'application du plafond de la chaîne de valeur ("value chain cap") pour les entreprises soumises à la CSRD. Les entreprises déjà engagées dans une démarche VSME au titre de la recommandation de 2025 peuvent capitaliser directement sur leurs travaux, la Norme Volontaire VS ayant été conçue en continuité étroite avec celle-ci. Se lancer tôt permet d'anticiper les demandes de la chaîne de valeur, de sécuriser l'accès à des financements durables et de structurer une démarche de progrès avant que les attentes du marché ne se durcissent.

 

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FAQ

  • Qu’est-ce que la norme volontaire de reporting de durabilité ?

    La VS (Voluntary Standard ou Norme Volontaire) est la nouvelle norme européenne de reporting de durabilité destinée aux PME et ETI non soumises à la CSRD. Elle permet de communiquer des informations ESG de manière structurée tout en limitant les demandes excessives provenant des clients, banques ou investisseurs.
  • Quelles entreprises peuvent utiliser la norme VS ?

    La norme VS s'adresse aux entreprises qui comptent en moyenne moins de 1 000 salariés sur l'exercice précédent. Elle concerne donc un périmètre plus large que les seules PME, incluant également de nombreuses ETI. 
  • Comment préparer un reporting de durabilité conforme à la norme volontaire ?

    La démarche repose sur huit étapes : définir la gouvernance du projet, identifier les attentes des parties prenantes, recenser les données déjà disponibles, collecter les informations manquantes, contrôler leur qualité, rédiger le rapport, le diffuser aux bonnes parties prenantes et mettre en place une amélioration continue.
  • Quelles données faut-il collecter dans un reporting VS ?

    Le module de base couvre notamment les informations générales, l'environnement, le social et la gouvernance : énergie, émissions, biodiversité, déchets, effectifs, santé-sécurité, rémunération ou encore prévention de la corruption. Toutes les données ne sont pas obligatoires pour toutes les entreprises, la norme appliquant un principe de proportionnalité.
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