Critères ESG : Pourquoi s’appuyer sur le service HSE ?

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Aux côtés de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), encore largement répandue en France, les critères ESG (Environnement, Social, et de Gouvernance) gagnent du terrain et deviennent omniprésents en Europe et à l’international. Ils permettent de quantifier les actions adoptées par les entreprises en matière de durabilité.

 

Quelle différence ? Pourquoi parler ESG ? 

Le service HSE (Hygiène Sécurité Environnement) constitue-t-il réellement un tremplin de performance ESG ? 

 

On vous explique.

 

Dès les années 80, les notions HSE sont en plein essor afin d’encadrer les activités professionnelles. Puis c’est le tour du Développement Durable d’entrer dans les mœurs dans les années 90, suivi de la notion de RSE dans les années 2000. 

 

Aujourd’hui, la RSE est pleinement intégrée dans les politiques des entreprises. Les retours d’expérience et l'analyse des résultats chiffrés mettent en lumière la performance d’un point de vue Environnemental, Social et de Gouvernance de l’entreprise (critères ESG). On parle également de stratégie ESG à échelle internationale plutôt que de stratégie RSE pour parler de résultats chiffrés (notamment de performances économiques).

 

Qu'est-ce que l'ESG ?

 

L'ESG (Environnement Social et Gouvernance) est une stratégie adoptée par les entreprises pour agir sur les menaces et les risques afin de les transformer en opportunités. C'est la base du développement durable en entreprise. 

 

Ainsi, l'ESG est un cadre qui peut aider les parties prenantes et autres parties intéressées (investisseurs, gouvernement, etc.) à mieux comprendre comment les risques et les menaces sont gérées au regard des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, et quelles conséquences financières cela peut engendrer à l’entreprise.

 

  • E (Environnement) : Les critères environnementaux sont nombreux et liés aux activités de l'entreprise et à leur impact sur l'environnement. Ces critères comprennent les émissions de gaz à effet de serre (GES), la pollution de l'eau, la gestion des déchets et l'impact sur le changement climatique.
  • S (Social) : Le pilier social prend en considération les parties prenantes. Il consiste à mesurer le facteur humain à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise, cela inclut également l'impact des opérations de l'entreprise sur son environnement proche. La satisfaction des clients, la santé, la sécurité et le bien-être des salariés font notamment partie des sujets couverts par les critères sociaux.
  • G (Gouvernance) : La gouvernance d'entreprise cible la manière de gérer une entreprise. Cela concerne directement le comité de direction dans la manière dont il dirige l'entreprise et les politiques adoptées pour garantir de bonnes pratiques commerciales et assurer la transparence des activités. Ainsi, l'équité hommes-femmes, la lutte contre la corruption, figurent parmi les principaux sujets couverts par la Gouvernance.

 

Rapports et notation ESG

Rapport ESG

Lorsqu'une entreprise adopte une stratégie ESG, elle doit publier annuellement un rapport ESG. Ce reporting est la divulgation de toutes les données liées à l'ESG, en rendant ses activités connexes transparentes pour le public et toutes les parties prenantes. Il s’apparente au rapport de performance extra financière lorsque l’on parle de RSE.

 

Le reporting ESG peut aider les parties prenantes à voir comment une entreprise gère ses risques et ses opportunités : Quel type d’investissement ? Quel financement ? Dans quel objectif ? Quel impact sur l’entreprise et son environnement ? Quelles conséquences ? Quelles évolutions ? Quels bénéfices ?

 

A la différence du rapport de performance extra financière, les entreprises doivent rendre compte de leurs résultats ESG en adoptant des cadres standardisés garantissant que les données ESG sont normalisées et comparables dans divers secteurs, quelles que soient leur taille et leur activité. 

 

  • En Europe, la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) permet de fixer les règles directrices. De celle-ci découle par exemple le cadre standardisé ESRS (European Sustainability Reporting Standards). 
  • A l’échelle mondiale, on retrouve le Bureau international des normes comptables (International Accounting Standards Board, IASB) d’où sont issues les cadres standardisés IFRS (International Financial Reporting Standards).

 

L’ISSB (International Sustainability Standards Board) créé en novembre 2021 par la Fondation IFRS, a pour objectif de rédiger une série de normes internationales de référence pour la publication d'informations sur les risques et les opportunités liés au développement durable des entreprises, et ce, afin d'aider les investisseurs et autres parties prenantes à prendre des décisions stratégiques. On parle notamment d’IFRS-S1 pour parler du cadre général et d’IFRS-S2 pour les actions spécifiques au climat.

 

Chaque entreprise sélectionne un cadre de reporting en fonction de la stratégie adoptée pour fixer ses objectifs ESG. On parle alors d’évaluation de la matérialité. Cette notion de "matérialité" se réfère à ce qui peut avoir un impact significatif sur une entreprise, sur ses activités et sur sa capacité à créer de la valeur financière et extra-financière pour elle-même et ses parties prenantes. Une double matérialité mesure l’impact matériel et financier d’une stratégie.

 

Dès 2022, le rôle des CAC (Commissaires Aux Comptes) s’étendra aux contrôle des critères ESG, dans un premier temps au travers de la réglementation « Taxonomie » adoptée par l’Union Européenne et publiée en juin 2020 qui impose désormais aux entreprises d’établir une classification de leurs activités au regard des enjeux climatiques et environnementaux.

 

Les données ESG divulguées fournissent des informations importantes aux investisseurs sur les performances d'une entreprise et peuvent avoir un impact sur leur stratégie d’investissement. Parfois, ces données sont également utilisées par les gouvernements pour fournir certains financements ou pour pénaliser les entreprises en fonction de leur performance ESG.

 

Notation ESG

Le notation ESG est importante pour évaluer objectivement la performance d'une entreprise sur les sujets ESG.

 

Il existe deux systèmes de notation, internes et externes.

 

La notation externe est effectuée par des plateformes de notation en utilisant les données ESG et permet de comparer les entreprises de divers secteurs. Il existe différents types de plateformes de notation en fonction des données analysées. Par exemple, le CDP (Carbon Disclosure Project), organisation basée au Royaume Uni, publie les données ESG sur l'impact environnemental des plus grandes entreprises mondiales.

 

La notation interne (auto évaluation) est réalisée par les parties prenantes de l'entreprise pour évaluer leur propre performance ESG. Le contrôle interne est important pour se comparer directement à la concurrence. La notation et le suivi internes permettront à la direction de prendre des décisions stratégiques rapides et justes pour orienter l'entreprise sur la voie de la performance ESG.

 

Le HSE, tremplin de la performance ESG ?

 

Nous l’avons vu précédemment, le reporting ESG, qu'il soit volontaire ou obligatoire, doit être effectué dans le cadre de certains standards comme l’ESRS (European Sustainability Reporting Standards)

 

Pour les professionnels HSE, le reporting selon des normes et réglementations fait partie de leurs tâches quotidiennes. On peut prendre comme exemple le cadre des normes internationales ISO. Leurs connaissances en matière de reporting et de respect d'exigences multiples rendent les fonctions HSE précieuses pour un reporting ESG réussi. D'ailleurs, de nombreux critères ESG sont déjà couverts par les fonctions HSE.

 

Par ailleurs, le reporting ESG nécessite des données quantifiées. Ici aussi, il est intéressant de s'appuyer sur le service HSE pour mener à bien cette tâche. En effet, la mesure, la centralisation et l’analyse de données sont monnaie courante. Cela peut grandement bénéficier à la stratégie ESG car cela n'ajoute pas de fonctions supplémentaires au département HSE, mais vient en complément et aide l'entreprise à atteindre des objectifs ESG importants.

 

Il est toutefois important de garder à l'esprit qu'il n'est pas obligatoire de répondre à tous les indicateurs et critères ESG. Il est important de concentrer ses efforts sur les indicateurs les plus importants pour l’organisation, ceux qui seront le plus créateur de valeur. 

 

Voici quelques exemples pour chaque pilier de l'ESG que l'EHS peut couvrir :

 

  • Environnemental : Le suivi, le contrôle, le reporting et l'évaluation des émissions environnementales de l'entreprise sont en corrélation avec les fonctions HSE, surtout lorsque l’on parle de surveillance des émissions de GES, de gestion des déchets ou de consommation d’eau par exemple.
  • Social : Les fonctions HSE contribuent grandement à ce pilier, notamment au travers des notions de « Santé, Sécurité et Bien-être » de toutes les parties prenantes. Le suivi d’indicateurs QVT est d'ailleurs largement répandu.
  • Gouvernance : Piloter l'entreprise et faire les bons choix stratégiques, en fonction d'ambitions politiques, sociétales ou environnementales est la lourde tâche du comité de direction. Pour cela il est est intéressant de s'appuyer sur le service HSE afin de suivre ses indicateurs de performance et de dresser des analyses de risques pour les transformer en nouvelles opportunités.

 

Avoir une gestion HSE mature et performante dans votre entreprise rendra la mise en œuvre d'une stratégie ESG réussie et fiable. 

 

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Faire les bons choix

 

Adopter une stratégie ESG est une excellente décision : cela signifie que vous vous souciez de la communauté et de l'environnement. Cependant, lorsqu'il s'agit de récolter et de centraliser toutes les données nécessaires pour piloter sa stratégie et rédiger le reporting ESG, un gros travail de synthèse est effectué par le service HSE. Parfois, la collecte de données pour toutes les mesures adoptées par l'entreprise peut être difficile, surtout si elle est effectuée manuellement (papier) ou via des outils bureautiques classiques.

 

Faire le choix en interne d’outils numériques dans lesquels investir est important pour collecter les informations et les données nécessaires sur une plateforme unique. La centralisation des données permet de suivre facilement toutes les actions et la performance HSE et ESG via des indicateurs de performance (KPI) dédiés. Toutes les données peuvent être représentées par des tableaux de bord dynamiques (Power BI) qui peuvent être facilement intégrés dans votre cadre de reporting ESG.

 

L'ESG est devenu un outil important pour évaluer l'engagement de certaines entreprises sur le marché en ce qui concerne les critères environnementaux et sociaux. Établir une stratégie ESG mature ne peut se faire si les fonctions HSE dans une entreprise sont mal gérées, cela conduira à de mauvais scores ESG. ESG et HSE sont étroitement liés. Cependant, même avec une gestion HSE irréprochable, les entreprises doivent relever le défi de l'équilibre entre les objectifs commerciaux à court terme et les objectifs ESG et politique à long terme.

En savoir plus:

> Pour en savoir plus sur la centralisation et la synthèse de données, rendez-vous sur l’application Tableau de bord RSE, disponible sur la BlueMarket

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Thibaut GILLES
Thibaut GILLES
Thibaut Gilles est ingénieur QHSE de formation. Après plusieurs années sur le terrain, il est aujourd'hui content Manager chez BlueKanGo, spécialiste des questions HSE/EHSQ Engineer by trade and Content Manager @Bluekango / Ingeniero EHSQ por comercio y Gerente de Contenido @Bluekango/
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